Fiscalité France vs Andorre en 2026 : le comparatif chiffré pour décider en connaissance de cause
IR 45 % + CDHR contre 10 % plafonné, IS 25 % contre 10 %, 0 % de droits de succession : comparez la fiscalité France-Andorre en 2026 et préparez votre projet en toute conformité.
FISCALITÉ
7/24/20266 min temps de lecture


Vous dirigez une entreprise, gérez un patrimoine ou préparez une expatriation ? La comparaison fiscale entre la France et l'Andorre est l'une des questions que nous traitons le plus souvent chez PROGESTIÓ. Mais attention : derrière les taux affichés se cachent des conditions précises — résidence fiscale effective, substance économique, convention bilatérale, exit tax. Cet article vous donne les chiffres exacts en vigueur en 2026 et, surtout, le cadre légal qui permet d'en bénéficier en toute conformité.
Impôt sur le revenu : 45 % (et plus) contre 10 % plafonné
En France, le barème progressif de l'impôt sur le revenu atteint 45 % dès 180 294 € de revenu imposable par part (barème 2026 sur les revenus 2025). S'y ajoutent la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, 3 % à 4 %) et, depuis la loi de finances 2025, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) : une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple). La loi de finances pour 2026 a reconduit ce dispositif jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB — autrement dit, pour plusieurs années. Sans oublier les prélèvements sociaux de 17,2 % sur les revenus du capital.
En Andorre, l'IRPF est plafonné à 10 %, avec un barème simple et lisible :
• 0 % jusqu'à 24 000 € de revenus annuels
• 5 % de 24 000 € à 40 000 €
• 10 % au-delà de 40 000 €
Les dividendes de sociétés andorranes perçus par un résident sont exonérés d'IRPF, et les premiers 3 000 € de revenus de l'épargne bénéficient d'une exemption. Concrètement, un dirigeant qui se verse 150 000 € de rémunération supporte environ 55 000 à 60 000 € d'impôt et de prélèvements en France, contre environ 11 800 € d'IRPF en Andorre. L'écart parle de lui-même — à condition que la résidence fiscale andorrane soit réelle et documentée (nous y revenons plus bas).
Impôt sur les sociétés : 25 % contre 10 %
En France, l'IS est de 25 %, avec un taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles. En Andorre, le taux général est de 10 %, avec un taux effectif minimum de 3 % introduit par les réformes récentes pour se conformer aux standards internationaux. Le régime andorran offre en outre :
• Une exemption de participation (art. 38 LIS) : dividendes et plus-values sur filiales qualifiées exonérés à 100 %, ce qui rend les holdings andorranes particulièrement efficaces
• Un régime « Patent Box » conforme à l'approche nexus de l'OCDE pour les revenus de propriété intellectuelle
• Un IGI (équivalent TVA) de 4,5 %, le taux le plus bas d'Europe, contre 20 % de TVA en France
Quelle structure choisir en Andorre ?
Les formes courantes sont la SL (societat limitada, capital minimum 3 000 €), sa variante unipersonnelle SLU, et la SA (societat anònima, capital minimum 60 000 €) pour les projets d'envergure. Selon l'objectif, on distingue la société opérationnelle, la holding (pour loger des participations et capter dividendes et plus-values en exemption) et la société patrimoniale (détention d'actifs). Le régime français de la micro-entreprise n'a pas d'équivalent en Andorre : l'entrepreneur individuel y exerce comme autònom, avec cotisation à la CASS.
Attention : depuis l'introduction des règles CFC andorranes et le durcissement international, la structure doit correspondre à une activité réelle. Bureaux, salariés, direction effective locale — la substance n'est pas une option, c'est la condition de validité de l'ensemble.
Le piège à éviter : la société andorrane gérée depuis la France
Créer une SL andorrane tout en restant résident fiscal français expose à deux dispositifs redoutables : l'article 123 bis du CGI (imposition en France des bénéfices de structures étrangères à fiscalité privilégiée) et le risque de requalification du siège de direction effective en France. La chronologie du projet — transfert de résidence d'abord, structuration ensuite — est déterminante. C'est précisément le type de séquencement que nous auditons avant toute création.
Résidence fiscale : la clé de voûte du dispositif
Devenir résident fiscal andorran suppose de séjourner plus de 183 jours par an dans la Principauté ou d'y placer le centre de ses intérêts économiques. Côté français, il faut sortir des critères de l'article 4 B du CGI : foyer, séjour principal, activité professionnelle et centre des intérêts économiques. La convention fiscale France-Andorre du 2 avril 2013 (en vigueur depuis 2015) départage les cas de double résidence et sécurise le traitement des flux transfrontaliers : retenue à la source de 5 % sur les dividendes en cas de participation d'au moins 10 %, 15 % sinon, et règles spécifiques pour les plus-values sur participations substantielles.
Point de vigilance majeur : l'exit tax de l'article 167 bis du CGI. Le transfert de résidence hors de France déclenche l'imposition des plus-values latentes lorsque les participations dépassent 800 000 € ou 50 % du capital d'une société. Un sursis de paiement existe, avec dégrèvement après un délai de détention — mais le mécanisme doit être anticipé avant le départ, jamais après.
Patrimoine, succession, immobilier : les écarts les plus spectaculaires
C'est sur la fiscalité patrimoniale que le contraste est le plus marqué :
• Successions et donations : jusqu'à 45 % en ligne directe et 60 % entre non-parents en France ; 0 % en Andorre
• Impôt sur la fortune : IFI en France (jusqu'à 1,5 % sur le patrimoine immobilier au-delà de 1,3 M€) ; inexistant en Andorre
• Acquisition immobilière : ITP de 4 % sur l'ancien ou IGI de 4,5 % sur le neuf en Andorre, contre 7 à 8 % de frais de mutation en France
Une précision que beaucoup de sites omettent : depuis la Llei 3/2024, l'Andorre applique un impôt sur l'investissement immobilier étranger, progressif de 3 % à 10 % de la valeur réelle selon le nombre de biens. Il concerne les non-résidents et les résidents de moins de trois ans. Deux tempéraments importants : une bonification de 90 % lorsque le bien est destiné à la location en résidence principale pendant au moins dix ans, et la sortie du champ de l'impôt après trois ans de résidence ininterrompue. Pour un projet immobilier, le calendrier d'acquisition par rapport à la date d'installation peut donc changer significativement le coût total — un paramètre que nous intégrons systématiquement dans nos études.
Cas pratique : consultant international, 300 000 € de bénéfice annuel
Prenons un profil type que nous accompagnons régulièrement : un consultant dont la société dégage 300 000 € de résultat, qui se verse 80 000 € de rémunération et distribue le solde en dividendes.
En France : IS d'environ 70 000 €, flat tax de 30 % sur les dividendes distribués, IR et cotisations sur la rémunération. La charge fiscale et sociale globale dépasse couramment 45 % du résultat.
En Andorre (résidence effective, substance en place) : IS de 10 % soit 30 000 €, dividendes andorrans exonérés d'IRPF, environ 6 000 € d'IRPF sur la rémunération, cotisations CASS. La charge globale s'établit autour de 15 %. L'écart annuel dépasse 90 000 € — mais il n'est légitime que si l'installation est réelle : présence effective, locaux, vie sociale et économique transférée. C'est tout l'enjeu d'un accompagnement sérieux.
== Comment sécuriser votre projet en 2026 ? ==
Un changement de régime fiscal réussi suit une méthode : diagnostic complet de la situation (participations, immobilier, contrats, famille), séquencement du transfert de résidence au regard de l'exit tax et des conventions, choix et constitution de la structure andorrane avec substance adaptée, puis suivi de conformité (obligations déclaratives françaises résiduelles, CRS, prix de transfert le cas échéant). Chaque dossier est différent : un dirigeant avec une société française à céder, un investisseur immobilier avec des revenus locatifs français et un créateur de start-up ne suivent pas le même chemin.
Chez PROGESTIÓ, nous réalisons cet audit préalable avant toute création de société ou demande de résidence. Vous envisagez une installation en Principauté ou une structuration transfrontalière ? Contactez-nous pour une étude personnalisée de votre situation.
== FAQ ==
Peut-on garder une activité en France en résidant en Andorre ?
Oui, mais les revenus de source française restent en principe imposables en France (retenues à la source, règles de la convention de 2013), et l'activité ne doit pas caractériser un établissement stable ou un centre d'intérêts économiques en France qui remettrait en cause la résidence andorrane.
Combien de temps faut-il pour créer une société en Andorre ?
Comptez généralement 6 à 10 semaines entre la réservation de dénomination, l'autorisation d'investissement étranger (délai administratif de deux mois, désormais sous régime de silence négatif), la constitution notariée et l'ouverture du commerce.
L'Andorre est-elle toujours considérée comme un paradis fiscal ?
Non. L'Andorre est sortie des listes noires, applique l'échange automatique d'informations (CRS), a signé une vingtaine de conventions fiscales dont celles avec la France et l'Espagne, et s'est alignée sur les standards OCDE (substance, nexus, imposition minimale). C'est un cadre à fiscalité basse mais transparent et conventionné.
Sources
• Convention fiscale France-Andorre du 2 avril 2013
• Code général des impôts : art. 4 B, 123 bis, 167 bis, 224 (CDHR)
• Llei 5/2014 (IRPF), Llei 95/2010 (IS), Llei 11/2012 (IGI), Llei 3/2024 (impôt sur l'investissement étranger immobilier)
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