Créer une entreprise en Andorre : l'essentiel
La constitution d'une entreprise andorrane comprend généralement : le choix de la forme juridique, l'obtention du numéro d'identification administrative (NIA), la réservation de la dénomination, l'autorisation d'investissement étranger lorsque le projet comprend des associés non-résidents, la définition du siège, l'ouverture du compte de constitution et le dépôt du capital, la rédaction des statuts, la signature devant notaire, l'inscription au Registre des sociétés, puis les formalités du démarrage d'activité au sens large : l'immatriculation du commerce, l'inscription de la société et de ses salariés à la CASS, l'enregistrement fiscal et, selon l'activité exercée, les autorisations sectorielles éventuellement requises.
Le capital minimum est de 3 000 € pour une SL et 60 000 € pour une SA. Pour un dossier complet sans particularité réglementaire, prévoyez deux à trois mois entre les premières démarches et la mise en activité — un délai indicatif qui dépend surtout de l'autorisation administrative, des vérifications bancaires et de la qualité des documents présentés.
Notre intervention ne se limite pas à constituer une structure : nous vérifions en amont que votre modèle économique, votre organisation, votre résidence fiscale et vos flux financiers forment un ensemble cohérent.
Pourquoi implanter une activité en Andorre ?
Le cadre andorran attire entrepreneurs, consultants et dirigeants qui recherchent une administration de proximité et une fiscalité lisible : impôt sur les sociétés à 10 % (sur le bénéfice, pas le chiffre d'affaires), IGI à 4,5 %. Mais ces taux ne se considèrent jamais isolément : une implantation pertinente repose sur la réalité de l'activité, le lieu de décision, les moyens humains et matériels, la résidence fiscale des dirigeants, la localisation de la clientèle et les conventions fiscales — détaillées sur notre page fiscalité en Andorre.
L'objectif : une entreprise réellement exploitable, bancarisable et conforme — pas une simple adresse administrative.
À quels projets le cadre andorran convient-il ?
La Principauté accueille de nombreuses activités : conseil et prestations intellectuelles, services numériques et développement informatique, marketing, commerce et distribution, tourisme et nautisme, gestion administrative, immobilier, innovation — et plus largement les services destinés à une clientèle internationale.
Attention : certaines professions réglementées exigent une autorisation, un diplôme reconnu, une inscription professionnelle ou un local spécifique. Ces conditions se vérifient avant d'engager la procédure, pour ne pas constituer une entité qui ne pourrait pas exercer.
Les quatre piliers de la cohérence du projet
L'activité économique — clientèle visée, pays concernés, commercialisation, prévisions : un objet social trop vague complique l'examen administratif, l'ouverture bancaire et l'autorisation commerciale. La direction effective — le siège statutaire ne se confond pas avec le lieu où les décisions sont réellement prises. Les moyens — bureau ou coworking, outils, dirigeants, salariés : crédibles par rapport aux prestations et au chiffre d'affaires attendu, sans organisation artificiellement lourde. Les flux financiers — origine du capital, patrimoine des associés, clients, fournisseurs, pays et volumes prévisionnels : la préparation bancaire commence en même temps que la structuration juridique.
Quelle forme juridique choisir ?
La SL — ou SLU à associé unique est la forme la plus utilisée : capital de 3 000 €, adaptée aux consultants, services, commerces, sociétés digitales et projets familiaux — le détail du fonctionnement et de la constitution d'une SL est disponible sur sa page dédiée. La SA — ou SAU répond aux projets à capital important, investisseurs multiples ou gouvernance élaborée : 60 000 € minimum. La holding détient des participations et organise un groupe ou une transmission. La structure patrimoniale détient et administre investissements, actifs financiers ou immobilier — une logique différente de l'entreprise opérationnelle. Le comparatif complet : types de société en Andorre.
Un non-résident peut-il devenir associé ?
Oui — une personne physique ou morale étrangère peut détenir jusqu'à 100 % d'une entreprise andorrane, sous réserve de l'autorisation d'investissement direct. Chaque futur associé ou administrateur étranger présente un dossier comprenant notamment : pièce d'identité certifiée, casier judiciaire de moins de trois mois, CV, présentation de l'activité et du marché ciblé, valeur ajoutée du projet, investissements prévus, prévisions économiques et origine des fonds. Les documents étrangers peuvent nécessiter apostille, légalisation ou traduction.
Investissement étranger : ce qui a changé en 2025
Depuis le 16 avril 2025, la réglementation prévoit un suivi renforcé des projets à capitaux étrangers : l'autorisation n'est plus une fin en soi — l'opération doit démontrer l'exercice d'une activité économique effective dans les 18 mois. Le contrôle peut porter sur l'ouverture commerciale, le démarrage réel des opérations, la tenue comptable, le respect des obligations fiscales et la cohérence entre le projet annoncé et l'activité exercée. Conséquence directe : le business plan, les prévisions financières et la préparation opérationnelle pèsent plus que jamais.
Les douze étapes de constitution
Étude de faisabilité
activité, associés, pays concernés, forme juridique, autorisations sectorielles.
NIA
l'identifiant administratif de chaque personne étrangère.
Certificat électronique
l'accès aux services administratifs et fiscaux en ligne.
Réservation de la dénomination
trois propositions de nom, avec un objet social cohérent dans tout le dossier.
Autorisation d'investissement étranger
Choix du siège
bureau, local, coworking ou domiciliation compatible avec l'activité.
Compte de constitution
versement du capital, contrôles bancaires, certificat pour le notaire.
Rédaction des statuts
adaptés au fonctionnement réel, jamais un document standard.
Signature devant notaire
acte authentique, bénéficiaires effectifs, envoi au Registre.
Enregistrement fiscal
auprès du Département des Tributs (IS, IGI, déclarations en ligne).
Nom commercial et ouverture
auprès du Comú, généralement deux à trois semaines après dépôt du dossier complet ; la carte de commerce permet d'émettre les premières factures.
Inscription à la CASS
obligations sociales et déclaration des salariés.
Quels documents préparer ?
Personne physique : passeport, justificatif de domicile, casiers judiciaires requis, CV, justificatifs professionnels, situation familiale, justificatifs de revenus et de patrimoine, preuves de l'origine des fonds, business plan et prévisions financières.
Personne morale étrangère : statuts de la société mère, extrait du registre du commerce, organigramme, liste des dirigeants, comptes annuels, décision autorisant l'investissement et identification des bénéficiaires effectifs. Banque, notaire et administration peuvent demander des compléments selon le secteur et la provenance des capitaux.
Combien coûte la constitution ?
Le capital social — 3 000 € (SL/SLU) ou 60 000 € (SA/SAU) — n'est pas un honoraire : il appartient à l'entreprise et reste utilisable pour ses besoins après l'immatriculation.
Les taxes administratives (tarifs publics consultés en août 2026) : réservation de dénomination 5,69 €, autorisation d'investissement étranger 300 €, inscription d'une SL/SLU 1 016,67 €, inscription d'une SA/SAU 1 480,54 € — montants susceptibles d'évoluer, à vérifier au dépôt.
Les autres frais : notaire, rédaction des statuts, business plan, traductions et apostilles, accompagnement bancaire, domiciliation ou loyer, taxes communales, inscription commerciale, comptabilité. Un devis sérieux distingue toujours capital, taxes officielles, honoraires de constitution et coûts annuels de fonctionnement.
L'ouverture bancaire : l'étape déterminante
L'accord administratif ne garantit pas l'acceptation bancaire : chaque établissement applique ses propres procédures KYC et anti-blanchiment. Votre dossier doit présenter avec une clarté totale les bénéficiaires effectifs, l'origine du patrimoine et la provenance du capital, l'activité, les principaux clients, les pays d'origine et de destination des flux ainsi que les volumes attendus.
Toute incohérence entre business plan, statuts et explications entraîne des demandes supplémentaires — voire un refus. ProGestió prépare cette phase en amont, avec les banques partenaires de la place, afin de présenter un dossier compréhensible, complet et documenté.
Enfin, gardez en tête qu'une création andorrane ne supprime pas automatiquement les obligations fiscales existant en France, en Espagne ou ailleurs : voyez nos comparatifs Andorre-France et Andorre-Espagne, et chiffrez votre situation avec le simulateur fiscal.


